Critiques

L’expression d’une catastrophe

Le travail de Silvère Jarrosson ajoute au monde connu sa dimension apocalyptique. Il montre un univers où tous les langages sont abolis, mais dans lequel règnent encore la part animée et mouvante de l’âme, le fredonnement des interstices, la respiration des vides : sans cela, l’être renoncerait à sa part légendaire. C’est pourquoi cet art se regarde comme une aventure organique et lente de ce temps mythique présent en nous, à notre insu, et qui rejaillit dans nos émotions.

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Une écriture du jaillissement

Née pratiquement à l’orée du vingtième siècle, la peinture abstraite est loin d’avoir achevé sa course. Son influence auprès des jeunes générations, à compter de divers postulats, témoigne de sa pérennité, en dépit des sollicitations du numérique et autres scénographies éphémères.
Par ses choix, sa formation, ses affinités naturelles, son histoire personnelle, sa fibre spirituelle, Silvère Jarrosson appartient à ce quantum de jeunes artistes qui savent qu’il y a plus à découvrir dans le non-connu que dans l’évidence. Mais bien que ses compositions ne soient jamais des équivalences du visible, il en émane une réalité spécifique, où le poids du monde résonne intensément.

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À la lecture du chaos

D’aucuns parleront de la peinture de Silvère comme « abstraite », par opposition au figuratif, sans doute. Mais elle est très concrète, très ancrée dans la matière. La peinture de Silvère est une peinture de l’exploration qui embrasse le cosmos, la pensée et le mystère de l’indicible. Peinture en évolution perpétuelle, elle se nourrit de toute sorte de phénomènes biologiques, physiques et oniriques, grâce auxquelles elle trace sa propre trajectoire. C’est en suivant les sept séries de l’œuvre, de « Rythmes vitaux » à « Élégies », qu’on découvrira sa diversité.

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Un peintre abstrait à l’époque du 3.0

Silvère Jarrosson est entré en peinture pour répondre à un appel impérieux qui s’est manifesté à lui à travers un : « c’est cela que je veux faire ! », alors qu’il découvrait le travail pictural d’un ami. Quoi, cela ? La peinture ! Rien au départ ne le destinait à devenir peintre. Son parcours avait été tout autre, puisqu’il devait devenir danseur étoile. Confronté à l’impossibilité de poursuivre dans cette voie, il fit des études de biologie et découvrit la pratique de l’art à cette époque. Dès lors, avec une passion sans limites, il s’est mis au travail et n’a plus dévié du chemin qui s’est ouvert devant lui. Il est devenu ce qu’il avait à cet instant compris devoir être, peintre.

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Entrée en mouvement

Les attitudes que nous adoptons face au mouvement peuvent varier. Si, d’un côté, nous pouvons ne pas apercevoir un mouvement, nous pouvons aussi choisir de l’ignorer. Nous pouvons nous laisser entraîner par un mouvement puis attendre avec soulagement qu’enfin il cesse. Il existe dans la physique plusieurs types de mouvement tels que les mouvements brownien, mécanique, variable ou réactif, le mouvement de la chaleur ou le mouvement invariable. Il est possible de transposer et appliquer à l’art une partie de tous ces mouvements. En fait, dans son expression classique, l’art visuel est statique et c’est l’imagination du spectateur qui y génère le mouvement.

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L’amnios du temps

La troisième exposition de Silvère Jarrosson à la Galerie Hors-Champs présente les nouvelles recherches picturales nées de son univers déjà bien affirmé. Les formes abstraites, minérales et reptiliennes, célestes et granuleuses, poursuivent leur évolution par une multitude de variations, de nuances, qui se révèlent comme un prolongement de ses dernières séries, comme un même corps en devenir.
On ne saurait dire si ce corps « grandit », puisqu’il se refuse toujours à nommer ce qu’il pourrait figurer : il mute, en tout cas. La technique est la même : avant le dripping, Silvère Jarrosson prépare sa peinture selon un procédé qu’il rapproche de la subduction […]

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La pein­ture gnomique​

Silvère Jar­rosson invente un uni­vers tout en tor­sions. Cela tient d’abord à la tech­nique employée par l’artiste : glis­sant une couche de pein­ture blanche sous une couche de pein­ture colo­rée, celle-ci la déforme par ce qui s’apparente à un mou­ve­ment tel­lu­rique. Les matières se jouxtent sans fusion­ner dans un magma ; l’artiste donne à la pein­ture l’impression de reliefs quasi métal­liques. Des corps semblent ram­per sans pour autant qu’on puisse en signi­fier la vraie nature puisque tout semble deve­nir presque infor­mel et moiré. L’acrylique reste la matière pre­mière de cet action pain­ting qui peut rame­ner autant à la pré­his­toires de la chi­mie qu’à des expé­riences post­mo­dernes là où l’image semble virtuelle.

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Pour faire éclore le hasard

C’est l’histoire d’un garçon qui dessine.
Qui dit un jour à ses parents : « Je voudrais danser. »
Doué pour le ballet, le garçon entre à l’Opéra de Paris.
Mais répétant son premier rôle de soliste – cette Fête des fleurs à Genzano qu’interpréta Noureev –, il se blesse gravement.
C’est l’histoire d’un danseur qui souffre en silence.
D’un blessé qui monte sur scène, et se réveille dans un service de réanimation.
Infection généralisée : on frôle la mort.
Les vraies naissances sont des renaissances.
Silvère Jarrosson voit le jour à dix-huit ans, avec une idée en tête : peindre.

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La naissance du chaos

Pour sa première exposition monographique, « In Utero », Silvère Jarrosson prolonge l’édification de son univers pictural comme une cartographie psychique, et en atteste la singularité dans ses voyages visuels, entre l’exploration géologique et la vision microscopique.
Si la carte est bien tracée, le territoire, lui, est encore indéfini, et compte bien le rester. C’est que ce territoire se plaît à se dérober, comme la peinture se dérobe du pinceau suspendu de Jarrosson, à se mouvoir dans un panel d’évocations unissant les opposés (l’infiniment grand et l’infiniment petit mais aussi le charnel et l’inerte) pour les diriger vers autre chose.

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Cartographie picturale

L’œuvre de Silvère Jarrosson se déploie en une remarquable sismique picturale où l’abstraction se déchire par saillies mouvementées. L’artiste use du dripping pollockien et laisse émerger la capillarité de l’acrylique qu’il travaille pour développer ses turbulences colorées.
La production s’émancipe avec force de l’abstraction picturale traditionnelle, et donne naissance à un art non-figuratif célébrant le mouvement spontané.

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Une présence énigmatique

Les écoulements abstraits de la peinture de Silvère Jarrosson, magma de mélanine, variations hallucinées de formes charnelles, semblent des cartes géographiques ou une imagerie satellitaire, quand ce n’est pas microscopique. Le minuscule se mêle à l’immense, les cellules aux étoiles.

C’est par la contradiction que le mouvement se créé, sans elle tout demeure figé, permanent. Le lien unificateur des opposés ? L’émotion, celle de l’inattendu, de l’acrylique qui se faufile sur la toile et élabore ses chemins comme si elle avait une vie propre, une intention particulière que Jarrosson guide (ou serait-ce elle qui le guide?) à travers gestuelle et dosage.

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Un vertige

Les toiles de Silvère Jarrosson offrent un panel personnel et ambigu des états d’âme que la danse peut porter et transmettre : exaltation, souffrance, folie, précision…

Loin d’une représentation figée, le récit de ces œuvres se vit dans un certain temps, celui nécessaire pour se mouvoir. Si la sensation est immédiate par définition, l’expressivité, par contre, se déploie ici en un temps propre à chaque œuvre. Chacune peut donc se regarder comme une narration (visuelle autant que musicale ou corporelle). Plus qu’une promenade du regard, la composition est la trame d’un récit qui se parcourt. Récit ouvert, le bord des toiles offrant un bord de fuite vers lequel l’imaginaire peut se déployer.

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