Impressions

Suite à ma résidence à la Fondation Claude Monet, cette série vise à réaffirmer l’existence d’une frontière poreuse entre la figuration et l’abstraction, dont Claude Monet fut l’un des premiers explorateurs et sur laquelle je me propose de travailler. Tandis que dans ses Nymphéas il a poussé son étude de la nature à la limite de l’abstraction, je propose un processus contraire en partant de l’abstraction pour me rapprocher progressivement d’une figuration des formes naturelles.

Concrètement, j’amorce ici une disparition de la forme et du contour : la vibration optique provient ici de craquelures liquides difficilement descriptibles : la couche picturale supérieure est étirée jusqu’a sa déliquescence, laissant apparaitre tout un camaïeu de couches inférieures. Par ce procédé, dont je commence tout juste à explorer le potentiel, j’en arrive à travailler l’acrylique comme on travaille l’huile, c’est-à-dire par couche successives et transparence.

Un siècle après la réalisation des Nymphéas, je perçois un lien historique entre l’avant-gardisme de Monet, l’expressionisme américain qui en a découlé, et finalement la technique picturale utilisée lors de la réalisation de cette série. Mon approche est certes très différente de celle des Impressionnistes, mais toutefois similaire dans ses fondements, puisque la représentation exacte est délaissée au profit du phénomène (phénomène optique chez les Impressionnistes, phénomène biologique en ce qui me concerne).