Résidence à la Fondation Claude Monet

Par sa présence durant trois mois à Giverny, Silvère Jarrosson a souhaité réaffirmer l’existence de cette frontière poreuse entre la figuration et l’abstraction, dont Claude Monet fut l’un des premiers explorateurs.

Tandis que dans ses Nymphéas, Monet a poussé son étude de la nature à la limite de l’abstraction, Silvère Jarrosson se livre à un processus contraire en partant de l’abstraction pour se rapprocher progressivement d’une figuration des formes naturelles. Le monde vivant évolue et ne cesse de repousser les limites de la réalité, donnant à de nouvelles formes abstraites ou inconnues une existence bien réelle. Par un cheminement inverse à celui du maitre, on en arrive à peindre ce lieu indéfini de la représentation, cette impression de la nature potentiellement figurative bien qu’éloignée de la réalité.

Plutôt que de considérer le monde naturel comme un ensemble de formes et de couleurs reconnaissables, on a préféré ici la considérer comme un phénomène par lequel la matière s’anime, et que la technique picturale cherche à reproduire, pour que l’impression de la nature soit représentée. Une approche certes très différente de celle des impressionnistes, mais toutefois similaire dans ses fondements, puisque la représentation exacte est délaissée au profit du phénomène (phénomène optique chez les impressionnistes, phénomène biologique en ce qui concerne Silvère Jarrosson).

Tandis que se tenait à la même période l’exposition « Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet » au Musée de l’Orangerie à Paris, cette résidence fut l’occasion d’étudier ce qui, dans les dix dernières années du travail de Monet, fut à l’initiative d’une nouvelle représentation de la nature, encore en partie inexplorée.