Cléopâtre

Pour la reprise à la Salle Cortot (Paris) de l’opéra Cléopâtre de Massenet, opéra lyrique ayant été joué pour la dernière fois il y a presque un siècle à Paris, l’Association Massenet en charge du projet a fait appel à Silvère Jarrosson pour créer les décors de cette re-création, projetés sur le fond de scène.

Afin de faire honneur à la mémoire de cette œuvre historique tout en lui apportant un caractère contemporain, il a été décidé que les décors d’époque, dont il ne reste que des gravures conservées à l’Opéra de Monte-Carlo, seraient repris, mais avec intervention numérique de l’artiste.

Le 16 octobre 2019, Silvère Jarrosson a donc proposé un mélange dans lequel chaque tableau s’est vu modifié numériquement pour y intégrer des fragments abstraits de ses œuvres picturales. Ce procédé permet d’affranchir la peinture d’un certain nombre de contraintes propres au médium, et vient enrichir les gravures d’époques non seulement de couleurs et de formes, mais surtout d’un second niveau de lecture permis par ces incrustations.

Ainsi le premier tableau de l’acte III, une scène d’amour entre Cléopâtre et Marc-Antoine, proposait, dans la version historique, un lit pour signifier pudiquement l’envolée des deux amoureux. Les volutes rajoutées au-dessus de celui-ci interpellent, en proposant une manifestation visible du plaisir amoureux.

Ou comment l’abstraction vient nourrir et offrir un autre regard sur une scène figurative.

Directeur artistique : Hervé Oléon