Un vertige

Les toiles de Silvère Jarrosson offrent un panel personnel et ambigu des états d’âme que la danse peut porter et transmettre : exaltation, souffrance, folie, précision…

Un certain temps

Loin d’une représentation figée, le récit de ces œuvres se vit dans un certain temps, celui nécessaire pour se mouvoir. Si la sensation est immédiate par définition, l’expressivité, par contre, se déploie ici en un temps propre à chaque œuvre. Chacune peut donc se regarder comme une narration (visuelle autant que musicale ou corporelle). Plus qu’une promenade du regard, la composition est la trame d’un récit qui se parcourt. Récit ouvert, le bord des toiles offrant un bord de fuite vers lequel l’imaginaire peut se déployer.

Un arrière goût de vide

Les toiles sont chargées. Les couleurs vives s’y livrent bataille, la construction est chaotique, l’aspect global foisonnant, l’inspiration buissonnante, la rétine stimulée. On reste pourtant loin de la saturation visuelle. La troisième dimension semble ouvrir une échappatoire. À partir d’une trouée, l’imaginaire reconstruit de grands espaces (l’atmosphère, la mer, l’univers). L’évasion est spontanée et hasardeuse, c’est à tâtons que l’on circule dans cet espace imaginé par chacun. Dans l’espace en deux dimensions de ces toiles, l’abîme n’est jamais loin. Tout cet espace laisse au spectateur un arrière goût de vide. Un vertige.