Une présence énigmatique

Les écoulements abstraits de la peinture de Silvère Jarrosson, magma de mélanine, variations hallucinées de formes charnelles, semblent des cartes géographiques ou une imagerie satellitaire, quand ce n’est pas microscopique. Le minuscule se mêle à l’immense, les cellules aux étoiles.

C’est par la contradiction que le mouvement se créé, sans elle tout demeure figé, permanent. Le lien unificateur des opposés ? L’émotion, celle de l’inattendu, de l’acrylique qui se faufile sur la toile et élabore ses chemins comme si elle avait une vie propre, une intention particulière que Jarrosson guide (ou serait-ce elle qui le guide?) à travers gestuelle et dosage. Ainsi, alors que le procédé paraît au premier abord l’élaboration d’une cartographie déserte, sans humanité, elle transpire finalement d’une présence énigmatique. Nous ressentons sa respiration, son souffle est imprévisible mais sa précision garanti le témoignage de ses contrées immanentes.